Drôle d'été...

Aujourd’hui dans l’agglomération grenobloise, à subir le matraquage pré-électoral de Michel DESTOT et de la gauche plurielle, on serait tenté de croire Voltaire et penser qu’effectivement « tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes » :

  • On s’ébaudit à propos de l’extension du parc Paul Mistral et ses animations…
  • On apprend que la Ville est propre à 7 heures le matin…
  • On consulte sur la rocade…
  • Les travaux du stade avancent, on nous annonce son ouverture…
  • On consulte sur l’avenir de la piscine Jean BRON, pour 2009…

Ce serait oublier bien vite que Voltaire rajoutait à la formule « le meilleur des mondes… POSSIBLE »… Dès lors, on peut imaginer que le « possible » soit différent. C’est, je pense, ce qui animera les débats aux premiers jours de l’automne, dans la perspective des élections municipales et cantonales de 2008…
Mais, pour ne pas gâcher ce « drôle d’été » qui s’alanguit par des « propos de campagne » et éviter de bronzer idiot, j’invite chacune et chacun, à l’heure de la sieste, à ouvrir La République de PLATON et à méditer le livre septième que je vous restitue en partie :

LA CAVERNE
 »Socrate reprit :
SOCRATE. Maintenant, pour avoir une idée de la nature de l’homme par rapport à l’éducation et au manque d’éducation, figure-toi la situation que je vais te décrire. Imagine un antre souterrain, très ouvert dans toute sa profondeur du côté de la lumière du jour ; et, dans cet antre, des hommes retenus, depuis leur enfance par des chaînes qui leur assujettissent tellement les jambes et le cou qu’ils ne peuvent ni changer de place ni tourner la tête, et ne voient que ce qu’ils ont en face. La lumière leur vient d’un feu allumé à une certaine distance en haut derrière eux. Entre ce feu et les captifs s’élève un chemin, le long duquel imagine un petit mur semblable à ces cloisons que les charlatans mettent entre eux et les spectateurs, et au-dessus desquelles apparaissent les merveilles qu’ils montrent.
GLAUCON. Je vois cela.
SOCRATE. Figure-toi encore qu’il passe, le long de ce mur, des hommes portant des objets de toute sorte qui paraissent ainsi au-dessus du mur, des figures d’hommes et d’animaux en bois ou en pierre, et de mille formes différentes ; et naturellement parmi ceux qui passent, les uns se parlent entre eux, d’autres ne disent rien.
GLAUCON. Voilà un étrange tableau et d’étranges prisonniers.
SOCRATE. Voilà pourtant ce que nous sommes, Et d’abord, crois-tu que dans cette situation ils verront autre chose d’eux-mêmes et de ceux qui sont à leurs côtés, que les ombres qui vont se retracer, à la lueur du feu, sur le côté de la caverne exposé à leurs regards ?
GLAUCON. Non, puisqu’ils sont forcés de rester toute leur vie la tête immobile.
SOCRATE. Et les objets qui passent derrière eux, de même aussi n’en verront-ils pas seulement l’ombre ?
GLAUCON. Sans contredit.
SOCRATE. Or, s’ils pouvaient converser ensemble, ne croit-tu pas qu’ils s’aviseraient de désigner comme les choses mêmes les ombres qu’ils voient passer ?
GLAUCON. Nécessairement.
SOCRATE. Et, si la prison avait un écho, toutes les fois qu’un des passants viendrait à parler, ne s’imagineraient-ils pas entendre parler l’ombre même qui passe sous leurs yeux ?
GLAUCON. Oui.
SOCRATE. Enfin, ces captifs n’attribueront absolument de réalité qu’aux ombres.
GLAUCON. Cela est inévitable. »
A l’issue de la période électorale intense que nous avons vécue dans l’agglomération, aussi bien pour les scrutins présidentiels que législatifs, il est bon de méditer cette allégorie de la CAVERNE, voire de la transposer, au risque d’en pervertir le sens… mais d’en tirer bénéfice.
Bonnes vacances !

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Henri BAILE maire de saint-ismier