La Démocratie du Ragot

Ma « double vie » semble pour certains déclencher des passions…

Voilà maintenant, somme toute, peu de temps que j’ai choisi de m’engager publiquement, lassé du pharisaïsme…
Je n’ai cependant pu l’assumer que parce que j’ai la chance de pouvoir me partager entre deux lieux, celui où je vis et celui ou je travaille. Une sorte de schizophrénie que connaissent d’ailleurs d’autres individus que j’ai ou ai eu l’occasion de fréquenter professionnellement. En termes clairs, j’assume cet engagement sur les territoires où je vis et habite avec ma famille, c’est-à-dire Grenoble, en toute étanchéité vis-à-vis des territoires où je travaille, c’est-à-dire Valence. J’ai toujours considéré que c’est la base de l’éthique de ma fonction, qu’il en va de la crédibilité de mon action professionnelle et de ma liberté de citoyen.

Il est d’usage d’ailleurs, chez les « Grands Élus » qu’ils soient de gauche ou de droite, que cette éthique soit respectée et que chacun se garde de mélanger les rôles et les genres en s’interdisant d’instrumentaliser les fonctionnaires ou de faire pression sur eux.

Malheureusement le vocable « élu » n’est pas toujours précédé de l’épithète « grand »… et souvent, moins ils sont grands plus ils sont enclins à pratiquer la prise d’otage. Il est rare cependant de s’en prendre publiquement à celui qui, tenu par son « devoir de réserve » ne peut les regarder que le bâillon sur la bouche et les mains liées dans le dos, alors que la règle minimum en démocratie, c’est de pouvoir débattre, régler les différends, les yeux dans les yeux à la tribune, d’égal à égal selon la loi républicaine.

Ainsi, tout en servant les grands, j’ai découvert les petits « zélus » au gré d’un rapport de la chambre régionale des comptes…
J’ai dans un premier temps été choqué de voir que certains socialistes valentinois ou « amis grenoblois», en panne d’idées et de projet ne trouvaient d’autre moyen d’exister qu’en pervertissant avec habilité certains termes d’un rapport administratif lié à ma gestion professionnelle pour les transformer par allusion ou ellipses, par voie de tract et commentaires, en apparence de délits dignes d’un tribunal pénal… Tout comme j’ai été meurtri de constater que la pudeur que j’observais à ne pas commenter mes relations avec l’administration fiscale devenait pour eux prétexte à extrapolation et aveu implicite d’une faute…

J’ai, bien entendu dans ce même temps, été surpris d’observer que certains journalistes par fainéantise ou médiocrité se contentaient et se glorifiaient de retranscrire ce qui leur était rapporté plutôt que de sacrifier à la règle d’or du métier qui est le croisement des sources et la vérification des faits.
Qu’ils se mettent à commenter des situations dont ils ignorent tout et au sujet desquels ils ne cherchent même pas à comprendre dénote paresse et vilenie mais, c’est là tout l’enjeu, enflamme les imaginations et permet de séduire… car, cette mue sociale et culturelle qu’ils illustrent du haut de leur piédestal médiatique importe plus que les adhésions ou répulsions qu’elle inspire puisqu’elle fait vendre du papier et sert à l’occasion les « zélus » qu’ils soutiennent…

J’ai réalisé d’ailleurs que c’est s’indigner en vain de l’empire croissant que le système médiatique, propulsé par mille technologies nouvelles, exerce sur le processus démocratique, car la où la presse abonde en approximation, en présentations réductrices et tronquées, la blogosphère expédie charognes, cafards et putois… mais en plus, d’une façon anonyme… c’est tellement plus jouissif, paraît-il ?

Autrement dit, il n’y a d’affaire que dans la tête de certains « zélus » ou « professionnels » qui préfèrent accumuler et distiller les allusions afin de mieux « porter la plume dans la plaie » pour reprendre la fameuse formule d’Albert LONDRES, plutôt que de se plier à l’exigence de vérité. Peu importe car, je crois que seul compte finalement ce que l’on est dans sa vérité.

Autres Billets d'humeur

Henri BAILE maire de saint-ismier