La faute de l'Etat

Alors que se préparent les budgets 2009 des collectivités territoriales et la hausse des impôts locaux, pour se défausser de leurs responsabilités, les élus socialistes à la tête des exécutifs entonnent en chœur : « c’est à cause des désengagements financiers de l’Etat ». A ce titre, il est instructif de rappeler certains chiffres et les réalités, de manière à tordre le cou aux rumeurs et informations tendancieuses…

– De 2003 à 2008, la Dotation Globale de Fonctionnement que l’Etat verse aux collectivités territoriales a augmenté de plus de 4 milliards d’euros, soit un rythme annuel moyen de 2,23% supérieur à l’inflation…

– De 2003 à 2008, l’Etat a augmenté de 1,7 milliards d’euros la Dotation d’Equipement versée aux collectivités territoriales, soit une croissance de 30% au rythme annuel moyen de 6%…

– Parallèlement, l’Etat a considérablement renforcé son soutien aux collectivités territoriales en prenant à sa charge plus de 10 milliards d’euros, sous la forme de dotations ou de couverture d’allégements d’impôts. Il paie en moyenne 40% de la Taxe Professionnelle et 33% de la Taxe d’Habitation.

Grenoble étant en France, on ne peut imaginer qu’elle ait été plus mal traitée que d’autres par l’Etat… En 2009, à Grenoble plus qu’ailleurs, la priorité doit être accordée à la maîtrise des dépenses, à la recherche d’économies et d’efficience dans la gestion, plutôt qu’à la hausse des impôts comme semble vouloir le proposer Michel DESTOT notre Député-Maire… car au cours de ses deux derniers mandats, ce sont plutôt les dépenses de fonctionnement qui se sont accrues… et que les chiffres publiés par le Ministère de l’Intérieur font apparaître en données consolidées des communes et agglomérations une dette par Grenoblois de 3270 euros, loin devant des villes comme Montpellier, Reims, Amiens, Mulhouse ou Saint-Etienne… Triste record, inquiétant pour l’avenir de nos enfants. Michel DESTOT et Didier MIGAUD devraient proposer des économies plutôt que des hausses ou des impôts nouveaux ! Ainsi, à Grenoble, si le Maire est suivi dans ses propositions d’augmentation de 9% de la fiscalité pour 2009 compte tenu de la revalorisation des valeurs locatives effectuées par les services fiscaux, les Grenoblois devront subir une augmentation effective de 11% de la Taxe d’Habitation et de la Taxe Foncière.

Le budget 2009 de la ville de Grenoble, contrairement à ce qu’annonce Monsieur le Maire ne sera pas un budget « social » car chacun sait que certaines politiques sociales retardent le drame mais ne l’évitent pas. La meilleure politique sociale, c’est celle qui consiste à investir. Il n’est nullement question de vouloir nier la crise, elle est là, elle frappe, elle crée des inquiétudes, mais augmenter les impôts comme le propose Michel DESTOT ou en créer de nouveaux, comme le prône Didier MIGAUD, ce n’est pas préserver le pouvoir d’achat des Grenoblois, ce n’est pas se préparer à investir, c’est plutôt fuire la difficulté à préparer l’avenir.

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Henri BAILE maire de saint-ismier