Ne pas trahir deux fois Henry BEYLE...

Bien connus sont les mots durs, sans concession, que STENDHAL a écrit sur Grenoble… Moins connues sont les pages de la Vie d’Henry Brulard ou des Mémoires d’un Touriste dans lesquelles l’auteur laisse transparaître une tendre émotion pour la ville de son enfance et de sa jeunesse.

Henry BEYLE est né à Grenoble en 1783, au premier étage du 14 rue Jean-Jacques Rousseau. Sa prime enfance s’y déroule dans un appartement bourgeois que l’écrivain évoque, croquis à l’appui, dans ses ouvrages bibliographiques… celui de son grand-père, le docteur GAGNON « au coin de la Grande Rue, en plein midi et ‘…’ devant la plus belle place ‘la place Grenette’…

Le 20 juin seront mis aux enchères, à l’hôtel Drouot, cinq « cahiers » autographes du journal de STENDHAL – d’une valeur de 900 000 EUR – qui manquent à l’ensemble patiemment constitué par les municipalités de Hubert DUBEDOUT et Alain CARIGNON, grâce à la sagacité du Professeur Vittorio DEL LITTO.

Il est valorisant pour Michel DESTOT, Maire, de communiquer son enthousiasme et de charger son adjoint à la Culture d’une mission de sauvetage… Il aurait été aussi pertinent de sauver le patrimoine immobilier stendhalien en rétablissant un lieu légitime, en proposant au conseil municipal une D.U.P (Déclaration d’Utilité Publique) pour reconstituer la totalité de l’appartement Gagnon, en ramenant dans le giron public les 300 m², aujourd’hui propriétés d’une société civile immobilière, et en offrant ainsi aux Grenoblois la façade qui donne sur la Grenette… plutôt que d’imaginer un musée Stendhal dans la maison de l’international, dans l’hôtel de Lesdiguières au jardin de ville…

Avec l’appartement natal, rue Jean-Jacques Rousseau, et l’appartement Gagnon reconstitué, Grenoble aurait sa maison d’écrivain et son lieu de mémoire.

Quant aux 900 000 EUR de mise aux enchères des cahiers, ils auraient pu être trouvés en économisant sur les 600 000 EUR dépensés pour l’inauguration de Minatec, les 500 000 EUR dépensés pour l’inauguration de Tram 3 et sur les milliers d’euros dépensés chaque jour en timbres, cartons d’invitation et petits fours à l’hôtel de Ville pour des vernissages ou des cérémonies dont on perd le sens tant elles sont nombreuses. Les économies permettraient aux Grenoblois de voir revenir dans leur ville les « Cahiers » autographes de STENDHAL.

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