public / privé, réflexions...

Les fêtes de fin d’année passées, l’année 2008 s’installe. Nous voyons déjà poindre la campagne des élections municipales et son corollaire de grandes déclarations, de stratégies de listes…

Bientôt, il sera question de « programmes » et de « projets »… et parfois de politique politicienne car la démagogie le disputera à l’incantation pour vilipender les fonctionnaires et la fonction publique, feignant d’oublier que ce sont les élus et les futurs élus qui auront à les gérer…
A Grenoble plus qu’ailleurs, eu égard à ce que cette ville a vu naître ou abrité dans le domaine politique et social : de la journée des tuiles en passant par les Cadres d’Uriages et les mouvements d’Education Populaire on ne peut oublier qu’en 1945, il y a avait dans le droit fil du programme du Conseil National de la Résistance une grande ambition pour la fonction publique, qui était le corollaire d’une grande idée de l’Etat et d’une grande ambition républicaine.

1958 fut un autre moment fort de l’affirmation de la puissance publique, de la reconstruction de son autorité, de son prestige, de son unité.

Nous savons les uns et les autres que la fonction publique a joué un rôle décisif dans les années 60. Elle était portée, entrainée par un projet collectif, par une volonté politique.

Depuis, le monde a beaucoup changé. La société s’est transformée. Les attentes et les besoins des citoyens ne sont plus du tout les mêmes que ceux des années 50 ou 60. La décentralisation, la construction européenne, la montée en puissance de la commune et de l’intercommunalité ont modifié les rapports politiques et le dialogue des différents Services Publics entre eux ou avec le citoyen.

Les technologies de l’information, du transport ont bouleversé notre rapport au temps, à l’espace et au savoir. Elles nous ont enfermés dans l’individualisme tout en nous ouvrant sur le monde.

Le capitalisme financier et la mondialisation ont modifié en profondeur, la nature même des relations économiques et notre regard sur la fonction publique a changé…

Pour autant les choses ne sont pas simplistes.

Je récuse l’idée qu’il y aurait d’un côté le secteur public et de l’autre le secteur privé, d’un côté les « fonctionnaires qui fonctionnent » et de l’autre, les « non fonctionnaires » qui construisent.

Depuis toujours, le pari du développement d’un territoire se gagne non dans l’opposition du privé et du public mais au contraire dans leur articulation réussie, dans leur capacité à s’entrainer l’un l’autre.
Dans le développement, le non marchand est aussi important que le marchand, la qualité aussi décisive que la quantité.
La qualité du service public compte autant pour la croissance que la qualité de la production. La productivité des administrations compte autant que celle des entreprises.

Si le service public ne peut pas obéir au seul critère de la rentabilité financière, il a cependant un devoir d’efficacité. Il a le devoir de rendre le meilleur service possible sans gaspiller « l’argent des autres », c’est-à-dire l’argent de nos impôts. Faire des gains de productivité, c’est la seule façon d’éviter d’être un jour ou l’autre contraint à une politique d’austérité pour empêcher l’explosion de la dette.

A l’heure où s’élaborent les projets des différentes listes qui seront candidates aux scrutins de mars 2008, il convient de savoir garder ces choses à l’esprit.

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Henri BAILE maire de saint-ismier