Sillon Alpinet réalités territoriales…

En 2015, les TGV circuleront sans rupture de charge de Genève à Marseille. De Genève à Valence, via Grenoble, le Sillon Alpin sera ainsi symboliquement révélé. Cependant, au rythme où vont les choses, et surtout les esprits, il n’aura pas de réalité territoriale.

Le conseil des ministres du 6 février 2013 devrait pourtant adopter le projet de loi qui permettra à Lyon et Marseille de devenir des métropoles aux compétences renforcées en matière d’économie, de développement durable, de transport, d’habitat et d’aménagement numérique. Mais, en l’état actuel du seuil démographique retenu par la loi, Grenoble ne pourra pas devenir métropole, car au lieu de structurer les espaces, les élus socialistes ont préféré s’opposer à la réforme de décembre 2010 qui visait à simplifier l’organisation territoriale pour renforcer la démocratie locale, rendre nos territoires plus attractifs et réduire le mille-feuille administratif.

Ils ont aussi perverti l’idée du Sillon Alpin, perspective d’avenir pour l’agglomération grenobloise et la vallée du Grésivaudan. Aujourd’hui, en lieu et place d’une métropole ou du Sillon Alpin, ils rêvent d’un « pôle métropolitain », c’est-à-dire un syndicat de syndicats intercommunaux. Une « usine à gaz » sans ressource fiscale propre, dont les compétences ne dépendraient que de la volonté de coopérer de ses membres.

Pour répondre au mille-feuille qui retarde et complique tous les projets, ils rêvent donc d’une septième strate de décision qui s’ajouterait à celles de l’Europe, de l’État, du conseil régional, du conseil général, de la commune, de l’intercommunalité ! Inquiets de perdre leurs fauteuils et leurs écharpes, ils raisonnent « boutique » au lieu de raisonner intérêt général et développement.

Chaque espace vivant, que ce soit une entreprise ou une commune a besoin d’une vision, d’une stratégie. Sans affirmation forte de ses attentes, la commune de Saint-Ismier, membre de la Communauté de Communes du Pays du Grésivaudan, de facto, risque de devenir otage de cette gestion atomisée et onéreuse.

Quel avenir se dessinerait alors pour notre espace de vie, dans le concert européen de concurrence des territoires en matière d’aménagement et d’emploi ? Celui d’une mosaïque de syndicats intercommunaux, aux multiples vice-présidences, aux fiscalités galopantes et une cohorte de nouveaux fonctionnaires pour coordonner les coordonnateurs… Plus d’impôts, moins de croissance et plus de dette.

Alors que la gestion publique est déjà très lourde, il serait raisonnable de rechercher l’efficience au lieu de complexifier.

Certes, il faut tenir compte de la réalité des territoires, de leur histoire, de leur identité, mais il est temps de faire prévaloir une vision de développement sur les rentes de situation.

L’avenir et la politique ne se conjuguent peut-être plus en termes de gauche ou droite ? Au sein des deux courants politiques, les uns, tournés vers le passé perpétuent les habitudes ; les autres, tournés vers le futur recherchent des solutions susceptibles de répondre aux enjeux du monde contemporain et à venir… C’est dans cette alternative que s’inscrit l’arrivée du T.G.V. en 2015, mais aussi l’élection municipale de 2014.

Henri BAILE
Mairie de Saint-Ismier
Seul le prononcé fait foi

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