jeudi 16 septembre 2004

Ne pas trahir André Malraux

Une politique culturelle tisse avec la Cité des liens riches, ambivalents, des liens forts, ancrés dans le patrimoine qui nous est commun. Elle engage des paris sur un temps toujours anticipé et décline un héritage réactivé au cours des ans.

C'est ainsi que sont nés à Grenoble : le nouveau musée, le CNAC, le Summum, le festival de théâtre européen, les 38es rugissants, les théâtres dans les quartiers, les nouvelles bibliothèques...

C'est dans cet esprit qu'a été décidée la rénovation et l'extension de la Maison de la Culture, inaugurée par André MALRAUX, devenue Cargo, aujourd'hui rebaptisée MC2...

Il faut regretter que tant de retard dans le calendrier ait conduit les Grenoblois à payer une telle ardoise, que la promesse de l'État de prendre en charge 50 % du coût des travaux ait été perdue par tant d'atermoiements...

Il faut regretter que, pour financer les surcoûts, le maire ait été obligé de faire mourir à vingt ans, dans une ville internationale, "le Festival de Théâtre Européen" que Renata SCANT avait su construire avec intelligence et courage. Il faut regretter que les 62 000 spectateurs et le public fidèle des 25 000 abonnés du théâtre municipal ne soient pas entendus...

Il faut rester vigilant afin que les propos de madame GIROD de L'AIN, élue de la liste Écologie Gauche Citoyenne : "on ne peut plus élaborer des projets importants pour la fin de mandat, l'argent étant déjà engagé" ne deviennent réalité... privant ainsi de revenus financiers, les institutions, les compagnies de spectacle vivant et les artistes, que l'asphyxie ne confine à l'apoplexie... tant il est vrai que "le pire n'est jamais sûr"...

Cependant, il faut se réjouir pour Grenoble et l'Isère de voir enfin la réouverture d'une institution dont nous sommes orphelins depuis bientôt 10 ans...

Il faut se réjouir du rayonnement que ses artistes hébergés sauront donner à notre ville, de la parole vivante qu'ils sauront nous offrir en partage.

Il faut se réjouir des correspondances que cet établissement saura susciter avec les autres lieux ou évènements culturels. Il faut espérer que MC2: devienne un lieu magnétique ouvert à tous, unprojet culturel accompli qui nous aideà chasser la crainte de l'autre, non en gommant ce qui nous distingue mais en nous enrichissant de nos histoires individuelles, en confrontant nos espoirs.

Tisser notre avenir passe par l'émotion,celle qui naît de nos échanges, celle qui révèle tant de trésors cachés...

Il faut espérer que, retrouvant son nom de "Maison de la Culture", elle soit à la hauteur de nos espérances et ne trahisse pas André MALRAUX...

MC2: Ne pas trahir André Malraux
Lettre 2 - Henri BAILE Grenoble

lundi 13 septembre 2004

Mobiliser l'intelligence et le courage

À l'orée de l'été, le Dauphiné Libéré daté du 10 juin 2004 titrait : "Avis de tempête sur la majorité municipale" et développait les différents griefs des élus écologistes de l'ADES et les propos de Pierre KERMEN, adjoint au maire, tête de liste Écologie Gauche Citoyenne aux élections municipales de 2001...

L'adjoint à l'urbanisme assure en effet que les écologistes rencontrent : "des pressions inadmissibles du cabinet et un frein de la part de la direction générale. C'est clair, cette majorité ne fonctionne pas. C'est un peu la stratégie du bunker pour le maire, qui se retranche avec son cabinet".

Et Michel DESTOT de répondre le 4 septembre : "En donnant un avertissement à ses partenaires écologistes quant aux limites à ne pas dépasser... sous peine d'un possible retrait de leurs délégations."

Le spectacle offert par la majorité municipale de Michel DESTOT est un piètre exemple à méditer. Cet événement n'est pas innocent. Ni cette nouvelle fronde, ni la réponse du maire ne sont anodines. La crise actuelle met à nu une crise systémique incompatible avec une bonne gestion de notre ville, pénalisante pour son avenir, inacceptable pour les Grenoblois.

À Grenoble et en Isère, depuis 1995, des comportements singuliers apparaissent en décalage, voire méprisants pour les Grenoblois, eu égard aux enjeux de développement de notre ville sur la scène internationale. Les "grands dossiers", comme le Palais de Justice, la Maison de la Culture, engagés avant 1995 ont enfin abouti... Les nouveaux, à l'image du grand stade d'agglomération ont dressé les Grenoblois les uns contre les autres... ceux dont la ville a besoin, comme le tunnel sous la Bastille ont déjà pris 10 ans de retard...

Instruits, riches de ces observations, nous devons dès aujourd'hui mobiliser l'intelligence et le courage. Il est venu le temps de l'Action, le temps du Projet pour des femmes et des hommes responsables, capables de proposer, pour l'Avenir, une alternance politique crédible à Grenoble.

Grenoble : Mobiliser l'intelligence et le courage
Lettre 2 - Henri BAILE Grenoble