jeudi 19 octobre 2006

Quels sont les bons chiffres ?


La ville est inondées d’affiches « Budget 2007, Forum Citoyen » lequel Forum devrait prendre fin le 10 décembre 2006…

Cette campagne publicitaire interroge…

En effet, le site internet www.grenoble.fr présente le compte administratif 2005. Élément clé de la gestion d’une collectivité. Il permet d’évaluer la santé financière, de diagnostiquer les problèmes et proposer des évolutions… et la loi prévoit l’obligation d’informer les citoyens par la publication des «ratios de gestion »… mais quels chiffres retenir ? Quel crédit accorder aux commentaires ?

Exemple : Ratio "Capacité de désendettement" page 32 du Compte Administratif 2005

Années

Epargne de gestion

Intérêts

Epargne Brute

Encours de dette

Capacité de désendettement

2003

32,96

12,08

20,88

279,16

13,37

2004

34,13

11,18

22,95

282,54

12,31

2005

35,53

10,73

24,80

281,48

11,35

En commentaire de ce tableau, la ville de Grenoble indique :
"Cet indicateur mesure en années la durée que mettrait la Ville à se désendetter. La capacité de désendettement résulte du rapport entre l'encours de la dette et l'épargne brute".
Et d'affirmer :
"Elle a diminué entre 2003 et 2005, passant de 13,37 à 11,35 ans grâce à l'effort de désendettement décidé par la Municipalité et à l'amélioration de l'épargne brute".

En examinant ces chiffres, on pourrait être tenté de se réjouir de cette évolution favorable.

Cependant, il est troublant de constater que les encours de dette indiqués pour 2003 et 2004 dans les comptes administratifs de Grenoble ne sont pas les mêmes que ceux adressés au Ministère des Finances. Dans les comptes administratifs de la ville de Grenoble, l'encours de la dette est de 282,54 M€ en 2003 et 281,48 M€ en 2004 alors que sur le site du Ministère des Finances, l'encours est respectivement de 284,925 M€ pour 2003 et 288.312M€ pour 2004.

Qui plus est n’est pas pris en compte dans le commentaire de ce tableau l’encours de dette des budgets annexes qui représentent 94 M€, soit ¼ du budget total qui s’établit à 375,48 M€.

En M€

2002

2003

2004

2005

Budget principal

269,44

279,16

282,54

281,48

Budget annexes

84,07

88,83

95,69

94

Budget consolidé

353,51

367,99

378,23

375,48

Si l'on ajoute les budgets annexes au budget principal, on constate que la capacité de désendettement n'est pas de 11,35 ans mais de 15,14 ans, ce qui signifie que la capacité de désendettement ne s'est pas améliorée…

Quelle est donc la base financière sur laquelle les Grenoblois peuvent faire des propositions ?

Quels sont les bons chiffres ?
Lettre 20 - Henri BAILE Grenoble

mardi 17 octobre 2006

Des Droits et des Devoirs

Peut-être que dans le domaine des affaires publiques, plus que dans tout autre, la vérité est relative, fragile, précaire ? Peut-être que la politique dont le premier matériau consiste dans les passions et les intérêts des hommes et dont l’objectif doit tendre vers l’action, comporte une part irréductible de calcul, de manœuvre, de séduction ?

Ce n’est pas une raison pour donner aux citoyens de l’émotion plus que de la raison, de l’image et de l’immédiat plus que de la réflexion et verser dans la « starification » du premier magistrat de la cité. Vouloir pianoter sur le clavier d’une incursion dans la vie privée, c’est un peu oublier la vie quotidienne des Grenoblois mais aussi accepter de parler de toutes les faces de l’épopée et ne pas avoir le blog sélectif…

Si les Grenoblois peuvent avoir été intéressés par les humeurs de la météo au sommet du Cho Oyu et les pensées de leur député-maire « en marche vers les sommets », ils ont aussi le droit d’avoir des réponses à leurs questions. La vie publique en démocratie doit faire une place centrale au rapport des dirigeants à la vérité. Il semble donc naturel que la ville bruisse aujourd’hui des questions qui aujourd’hui brûlent les lèvres des Grenoblois, alimentent une rumeur mâtinée d’admiration, d’envie et de doute… d’autant que le livre bilan de l’activité des députés « Députés sous influence », publié chez Fayard, indique page 28 que « plusieurs maires de grandes villes sont en pointe pour l’inactivité au parlement » dont Michel DESTOT, P.S… Il est vrai qu’au regard des responsabilités qu’ils lui ont confiées, les Grenoblois se demandent : 1. Comment leur député, candidat au renouvellement de son mandat, peut-il s’absenter trois mois pendant la période où son parti élabore le programme de la législature ? 2. Comment leur maire peut-il être absent trois mois pendant la période stratégique où son équipe élabore le budget de la ville ?

Ses collaborateurs et lui-même ont choisi de médiatiser cette expédition, celle-ci apparaît dès lors comme le privilège d’un « milliardaire américain » au regard de laquelle toutes les hypothèses sont avancées : 1. A-t-il été sponsorisé ? par qui ? 2. Combien coûte le péage pour accéder à la zone d’expédition ? 3. Qui a financé le voyage en hélicoptère entre le camp de base et l’aéroport pour faire un aller-retour à Grenoble début septembre ? 4. Combien de caissons hyper bar ? 5. A-t-il, pendant cette période d’absence, abandonné ses indemnités parlementaires comme Maurice Herzog avait pu le faire ? 6. Combien de personnes à plein temps autour de lui ? médecins ? Sherpas ? Ingénieurs météorologistes ?

Certes, la rumeur est cruelle, peut être injuste et probablement blessante ? Mais n’est-elle pas la rançon du risque couru par le choix du « tout médiatique » au détriment de l’humilité ?

L’exploitation politique de l’évènement par l’un autorise l’exploitation par les autres et se banalise dans un système où l’image et le paraître l’emportent sur le sens.

Michel DESTOT a choisi de ne pas faire la rentrée des classes, de faire l’impasse sur la rentrée extraordinaire du Parlement, d’abandonner la responsabilité de la préparation du budget 2007 de la Ville de Grenoble à sa « majorité »…C’est son droit. Mais c’est aussi son devoir de tout dire dès lors qu’il a choisi de rendre l’évènement public et de quitter la sphère privée.