mercredi 29 novembre 2006

Mouvement de grève aux VFD

La CGT et l’UGICT des VFD ont appelé, à partir du mardi 28 novembre, « à la grève illimitée » pour, disent-ils « lutter contre la casse de leur outil de travail » car ils « redoutent un passage des contrats au privé »...

Le Service Public « à la française » a pour singularité d’être imprévisible, en particulier dans le domaine des transports.

Alors même que les usagers scolaires ou salariés sont excédés par les interruptions de travail, et l’économie perturbée par cette menace constante, tous les gouvernements ont renoncé à imposer un vrai service minimum aux syndicats.

Encore une fois, le courage politique n’a pas présidé à l’accord minimaliste passé le 4 juillet dernier, entre le Ministre des transports, les syndicats des transporteurs, quelques syndicats d’usagers et des syndicats de salariés. Il ne s’agit pas d’un accord ni d’un service minimum, il s’agit d’une charte qui n’engageait à rien d’autre qu’à être ratifiée.

Cette charte, qui concerne les transports publics en province, s’inspire des accords pris à la RATP et à la SNCF. Elle ne crée aucune obligation ni garantie de « service minimum » : elle incite seulement à prévoir les perturbations dans les contrats d’exploitation… mais, autre singularité française, une commission a été créée pour gérer l’absence de décision ; elle s’appelle le « comité de suivi de la charte ».

Devant ces leurres sémantiques et à observer ce qui se passe en France et à Grenoble, dans nos services publics, on est en droit de se demander par quelles clés peut-on expliquer la résignation, l’arrogance, la fatuité ou la peur, caractéristiques d’une mentalité qui empêche tout un pays de se mettre en mouvement et en question ?

Nous savons cependant, pour observer le monde dans lequel nous vivons, que dans les domaines de l’éducation, de l’hôpital, de la retraite, des transports, tous les services publics doivent être réadaptés au nouveau contexte… que nous sommes loin des ordonnances de 1945 prises par le Général de Gaulle.

D’autres pays ont réussi cette refonte. Regardez la Suède : le fonctionnement des administrations a été révisé, le statut des fonctionnaires a changé, les agents sont mis en concurrence… pour des résultats qui profitent à tous.

Et il s’agit d’un pays social-démocrate… avec lequel nous partageons le score d’une dépense publique rapportée au P.I.B égale à 54%...

Certes, les changements font peur, mais ce qui est grave, c’est que ces peurs sont instrumentalisées par certains dirigeants.

Plutôt que d’encourager les citoyens à aller à reculons vers un « nouveau monde » qui s’annonce effrayant, affirmons plutôt que ce « nouveau monde » sera effrayant si nous l’abordons à reculons…

Cette observation trouve à s’appliquer dans les multiples gesticulations politiques entre les trois députés socialistes, têtes des Exécutifs locaux : Michel DESTOT, Maire de Grenoble, Didier MIGAUD, Président de la METRO et André VALLINI, Président du Conseil Général de l’Isère… et dont nous sommes victimes depuis 10 ans à Grenoble et dans son agglomération au sujet du « Projet de tunnel ».

À méditer…

Mouvement de greve
Lettre 21 - Henri BAILE Grenoble

mardi 28 novembre 2006

À l'écoute des Citoyens

Quel bonheur, vendredi 24 novembre dans l’auditorium de l’office de tourisme de Grenoble que de voir ces deux cents personnes qui avaient répondu à notre invitation du Forum Citoyen pour l’Alternance. Quel bonheur que cet enthousiasme et cette vivacité d’esprit des étudiants qui étaient venus en curieux, débattre avec les Grenoblois de la vingtaine de propositions des Ateliers que Kitty LEQUESNE et Thomas BONZY avaient tirées au sort dans le corpus des 90 propositions faites par nos 10 ateliers… Quelle gourmandise dans les propos d’Alain CARIGNON, Président de l’U.M.P… des propos fondés par sa double expérience ministérielle, la sagesse et le recul de l’expérience, en résonance avec tout ce qu’il y a de plus humain dans l’homme, de plus pertinent en terme d’analyse de nos organisations sociales. En écho, j’ai voulu rappeler, parfois avec passion, toujours avec civilité, combien Grenoble s’éloigne de ce qu’elle devrait être…

J’ai dit combien tout ce qui a été échangé au cours de cette soirée évoque pour moi cette formule de Georges PEREC « Il n’y a rien d’inhumain dans une ville sinon notre propre humanité ».

En effet, on peut penser que seul est habitable ce qui est doté d’un minimum de confort moderne… Tout comme l’on peut penser que rien ne saurait mieux définir l’habitabilité d’un espace, quel qu’il soit, que l’irremplaçable solidarité entre voisins ou entre membres d’une même communauté de destin qu’il abrite. C’est, je crois, la synthèse des deux qui est la bonne définition…

La Ville comme la Nation reste donc un plébiscite de tous les jours et se réinvente sans cesse. Nous sommes en permanence entre la ville d’aujourd’hui et la ville de demain. C’est ce que j’ai retenu de la fréquentation des 10 ateliers, de la lecture des 12 cahiers du Forum Citoyen pour l’Alternance ou des conversations que j’ai pu avoir avec les uns ou les autres.

Le vivre ensemble est complexe, de plus en plus complexe, et demande de plus en plus d’écoute, d’humilité et de curiosité de la part de ceux qui ont à décider, car nous ne sommes plus dans un monde de besoin mais surtout dans un monde de désir.

L’idée du Forum Citoyen pour l’Alternance est d’ailleurs née ainsi et pourrait tout aussi bien se retrouver dans la formule de « rupture » de Nicolas SARKOZY que dans celle de « désir d’avenir » de Ségolène ROYAL… sauf que ceux qui me connaissent savent que j’ai toujours rejeté la démagogie et que mon « désir d’Avenir », il est avec Nicolas SARKOZY !

Soit dit en passant, si nous pouvions toucher des droits d’auteur sur le label FORUM CITOYEN, les affiches qui fleurissent aujourd’hui dans la ville au sujet du « forum citoyen budget 2007 » nous auraient permis de louer une salle plus grande et de vous offrir un verre à la sortie…

Si nous sommes, en permanence, entre « la ville d’aujourd’hui » et « la ville de demain », nous avons le droit et même le devoir de dire la ville que nous voulons, les espaces que nous désirons partager en matière d’habitat, de transport, de loisir ou de travail… Nous pouvons parfaitement poser un nouvel objectif partagé et tenter de définir ensemble : - Une ville plurielle - Une ville intergénérationnelle - Une ville naturelle

Et nous retrouverons d’ailleurs à travers ces trois vocables notre ambition de Démocratie, d’Environnement et de Partage pour laquelle nous nous sommes réunis ce 24 novembre.

Une ville plurielle, comment ?

Une ville plurielle est avant tout une ville qui reconnaît l’identité de chacun et permet à tous de s’exprimer. Elle doit pouvoir être capable d’instaurer des procédures de démocratie participative et consulter les habitants sur chacun des grands projets qui n’ont pas été annoncés dans le programme électoral. A ce titre, le grand stade d’agglomération et son choix d’implantation imposé aux Grenoblois est un exemple révélateur...

Une ville plurielle est une ville qui n’a pas le monopole de l’information et donne à tous un espace de parole. Si nous sommes ici ce soir, c’est parce que je n’ai jamais reçu de réponse du Maire à ma demande écrite de vous accueillir dans l’espace public de l’auditorium du Nouveau Musée de Peinture !

Une ville plurielle est une ville dont les élus ne sont pas sélectifs dans la condamnation des outrances et des outrages. Qui a-t-on entendu à Grenoble parmi les 3 députés socialistes pour condamner les propos de Georges FRECHE, baron socialiste de la région Languedoc Roussillon, maire de Montpellier traitant les harkis de « sous hommes » et dénonçant le côté « black des bleus » ?

Nous devons dénoncer les silences coupables ou la démagogie facile. Car, consulter les Grenoblois sur la question du vote des immigrés aux élections locales donne bonne conscience et n’engage en rien puisque la décision n’est pas de la compétence du Maire mais du Parlement.

Une ville intergénérationnelle, comment ?

Nous ne pouvons ignorer la pyramide des âges et l’évolution de notre société. La fréquente déchirure du couple, la distension des liens familiaux, l’éloignement géographique des enfants, la solitude des seniors. Nous savons bien qu’il n’y a pas d’avenir sans passé et que c’est la fréquentation des anciens qui nourrit la pensée des plus jeunes. Chaque âge doit se sentir bien dans la ville. Chacun doit se sentir reconnu. Notre ville est devenue autiste.

Que sont devenus les conseils municipaux des enfants alors qu’on nous parle tant de citoyenneté et de démocratie participative ? Les mots remplaceraient-ils les actes ?

Quelle est la place des enfants lorsque l’on manque de crèches ?

Quelle est la place des seniors lorsqu’il faut attendre plus de deux ans pour pouvoir intégrer son vieux père dans un établissement collectif de secteur ?

Quelle considération est portée à la souffrance des familles lorsqu’on ne peut trouver un accueil de jour pour des vieux parents atteints de la maladie d’Alzheimer ?

Une ville naturelle, comment ?

Nous devons, je pense, inverser la proposition d’Alphonse Allais qui voulait « construire des villes à la campagne » et inviter la campagne dans nos villes. Nous devons donc continuer de dénoncer avec force le massacre du Parc Paul Mistral, l’abattage de ses arbres et le mensonge de communication qui l’accompagne et qui veut nous faire croire à l’extension du parc. Un parc, ce n’est pas uniquement des mètres carrés de pelouse. C’est une âme, une respiration, un mystère partagé habité par les souvenirs de chacune et chacun d’entre nous. Cette âme vous a été ôtée. Il est rare en démocratie qu’un exécutif détruise un patrimoine, fusse-t-il végétal.

Nous devons dénoncer les Verts qui n’en sont pas et qui représentent les derniers dogmatiques que portent nos démocraties, capables de nous faire croire que les personnes âgées et les vélos peuvent cohabiter sur les trottoirs des grands boulevards parce qu’ils l’ont décrété.

Comme ils sont capables de décréter le rétablissement de l’octroi à l’entrée de la ville pour générer des bouchons interminables qui polluent.

Nous devons dénoncer le laxisme et le manque d’initiative qui permettent aux tags de transformer le centre-ville et les quartiers en poubelles visuelles et créent un sentiment d’insécurité alors que cette situation est parfaitement gérable pour peu qu’on le veuille !

Nous sommes tout de même la seule ville de France ou même les œuvres d’art sur l’espace public sont taguées !

Dans ce domaine de la nature et du respect de l’environnement nous avons déjà oublié que la municipalité CARIGNON avait ouvert la Maison de la Nature à côté du Muséum d’Histoire Naturelle et je pense que, dans le domaine, nous pourrions pousser, sans arrogance, l’établissement d’une charte annuelle de « Citoyen de l’écologie humaniste » qui pourrait être un engagement personnel sur des postures individuelles et innover à Grenoble. Car, en dehors des flonflons sur les nanotechnologies, il n’y a rien. Grenoble n’est plus en tête, les retards s’accumulent : - On ne se déplace plus, - Le protocole de Kyoto n’est pas assez pris en compte dans les politiques publiques, - Le débat est confisqué, - La propagande a remplacé la communication, - Les théâtres se meurent dans les quartiers.

Le Forum Citoyen pour l’Alternance doit être le nouvel esprit de Grenoble : - Retrouver le sens, - Retrouver le goût des débats, - Retrouver la curiosité, - Retrouver l’harmonie, - Renouer avec l’innovation.

Le Petit Théâtre de l’Amitié

Alain BONNET, Président d' « Avenir Grenoble 5 », mon épouse et moi-même avons passé un très agréable moment, dimanche 26 novembre en fin de journée, en compagnie de l’ensemble de ceux qui étaient venus applaudir le spectacle mis en scène par Jean-Claude Durand, Président du Club des retraités Saint Bruno. La salle était comble et « l’intergénérationalité » que nous avions défendue la veille avec Alain CARIGNON dans le cadre du Forum Citoyen pour l’Alternance prenait tout son sens. Elle trouvait une parfaite illustration de ce que des retraités peuvent créer avec des « actifs ». Merci mille fois pour ce spectacle des « Petits chaussons » qui a résonné si chaudement et bravo à toutes celles et ceux qui ont su nous offrir cet instant de paix et de joie partagées. Ils ont su faire vibrer l’âme d’une communauté de femmes et d’hommes, en toute humilité, mais avec une rigueur et une exigence artistique qui forcent l’admiration. Un très beau moment de vérité, si rare, dans ce monde d’apparence et d’artifice.

lundi 27 novembre 2006

Rapport de synthèse

Alors que s'est réuni vendredi soir, à l'office de tourisme de Grenoble, le Forum Citoyen pour l'Alternance, ce rapport de synthèse, directement accessible, permet à chacun de voir le travail accompli depuis le 16 mai 2006.

Télécharger le document de synthèse regroupant les 10 cahiers du Forum

vendredi 10 novembre 2006

Invitation au Forum Citoyen le 24 nov de 20H à 21H30 à l'auditorium de l'office de tourisme de Grenoble

Les 10 ateliers du Forum Citoyen pour l’Alternance, mis en place le 19 mai 2006, ont travaillé tout l’été. L’intelligence collective impose maintenant de décliner leurs propositions en termes de DEMOCRATIE, de RESPECT DE L’ENVIRONNEMENT et de PARTAGE. C’est l’enjeu de cette rencontre que je vous propose le vendredi 24 novembre de 20h à 21h30 à l’auditorium de l’Office de Tourisme de Grenoble. Je serai sensible à votre présence et heureux de vous accueillir.

Pour en savoir + : Lire l'article

Vous pouvez diffuser largement cette invitation sur la toile en direction de vos connaissances et amis.

Respectueusement,
Henri BAILE

jeudi 9 novembre 2006

Commémoration de la mort du Général de Gaulle

S’il est un homme qui n’était inspiré que par la morale, c’est bien Charles de Gaulle.

Son action, ses décisions et ses ruptures ne s’expliquent que par son constant dialogue avec l’histoire, la nation et ses valeurs chrétiennes. Puissions-nous nous souvenir de la citation gravée en lettres d’or sur le mémorial de Colombey Les Deux Eglises : « il n’y a qu’un combat qui vaille, celui de l’homme ».

Nous sommes invités à nous recueillir ce soir pour commémorer le 36e anniversaire de son absence ici bas et la présence de son souffle parmi nous.

Plus fort que tout, ce qui restera du message du Général, c’est l’appel. Appel à l’audace et à l’innovation. Appel à ces valeurs de solidarité et de fraternité sans lesquelles il n’est pas de destin partagé. Appel à tous les Français, pour que vivent, pour qu’avancent, pour que rayonnent la France et l’Europe dans la paix et la foi en l’Homme.