mercredi 29 août 2007

Mauvaises questions, bonne réponse...

Ce mardi 28 août « Alpes Congrès » était beaucoup trop grand pour recevoir la petite centaine de « citoyens » ou représentants d’associations en réunion publique à propos de la Rocade Nord. Il faut dire que l’annonce de cette réunion a été plus que confidentielle. Chaque intervenant au nom de son association aura eu droit entre 6 à 8 minutes de prise de parole ainsi que les représentants des 4 villes directement concernées : Meylan, Saint-Martin-le-Vinoux, Grenoble et la Tronche. La ville de Meylan était représentée par Jean-Claude PEYRIN qui maîtrise parfaitement le dossier car il a travaillé celui-ci en profondeur avec Alain BONNET dans le cadre du Forum Citoyen pour l’Alternance et la commission déplacements dans l’agglomération que j’avais mise en place en mai 2006. Il a résumé d’une façon très claire la situation « Une Rocade, Oui, la Rocade du Conseil Général, Non ! ».

Il faut dire que cette soirée était un peu particulière à entendre cet étonnant défilé d’associations et les réponses de Marc BAIETTO, Premier Vice-Président du Conseil Général de l’Isère…

En ce qui concerne les résultats de la concertation, 169 880 réponses reçues pour 491 986 questionnaires envoyés, la majorité des associations présentes a estimé que les gens n’ont pas eu toute l’information, qu’il n’y a pas eu de débat contradictoire malgré les 9 réunions publiques. Le grief le plus lourd étant probablement que la question n°3 de la concertation oubliait d’indiquer que la Rocade pourrait être à péage ! et que les questions étaient soit indigentes, soit formulées de façon tendancieuse..C’est en 2001 que j’avais pris l’initiative avec un groupe d’amis de créer GAAP (Grenoble Avenir Action Projet) pour demander à Michel DESTOT, réélu à la tête d’un Exécutif gauche plurielle d’organiser un référendum au sujet du projet de Rocade Nord dont il parlait depuis 1995… tout en se gardant bien de porter ce dossier…

Aujourd’hui, force est d’observer que rien ne justifiait le déroulement précipité à la veille de l’élection municipale et cantonale, en plein été 2007, de cette pseudo consultation. Seul un référendum totalement transparent dans son organisation et son résultat pourrait permettre de se prononcer en toute connaissance de cause. L’absence d’alternative au tracé qui pénalise fortement certaines communes démontre le mépris dans lequel les citoyens sont tenus. La débauche de propagande par des moyens financiers considérables ne peut cacher la réalité : l’agglomération Grenobloise connaît un retard considérable en matière de liaisons et de contournement et les élus actuels veulent faire croire qu’ils vont sortir l’agglomération de l’asphyxie et de la pollution au plus tôt en 2014 ! Alors qu’ils ont eu 12 ans pour le faire depuis leur réélection en juin 1995…

Le représentant de la FRAPNA qui a pris la parole avait peut-être raison en disant que cette concertation était univoque, trompeuse, manipulatrice, mal organisée et qu’elle était un renoncement politique face à l’urgence climatique et de santé publique ?

jeudi 2 août 2007

Drôle d’été…

Aujourd’hui dans l’agglomération grenobloise, à subir le matraquage pré-électoral de Michel DESTOT et de la gauche plurielle, on serait tenté de croire Voltaire et penser qu’effectivement « tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes » :

  • On s’ébaudit à propos de l’extension du parc Paul Mistral et ses animations…
  • On apprend que la Ville est propre à 7 heures le matin…
  • On consulte sur la rocade…
  • Les travaux du stade avancent, on nous annonce son ouverture…
  • On consulte sur l’avenir de la piscine Jean BRON, pour 2009…


Ce serait oublier bien vite que Voltaire rajoutait à la formule « le meilleur des mondes… POSSIBLE »… Dès lors, on peut imaginer que le « possible » soit différent. C’est, je pense, ce qui animera les débats aux premiers jours de l’automne, dans la perspective des élections municipales et cantonales de 2008… Mais, pour ne pas gâcher ce « drôle d’été » qui s’alanguit par des « propos de campagne » et éviter de bronzer idiot, j’invite chacune et chacun, à l’heure de la sieste, à ouvrir La République de PLATON et à méditer le livre septième que je vous restitue en partie :

LA CAVERNE
''Socrate reprit :
SOCRATE. Maintenant, pour avoir une idée de la nature de l’homme par rapport à l’éducation et au manque d’éducation, figure-toi la situation que je vais te décrire. Imagine un antre souterrain, très ouvert dans toute sa profondeur du côté de la lumière du jour ; et, dans cet antre, des hommes retenus, depuis leur enfance par des chaînes qui leur assujettissent tellement les jambes et le cou qu’ils ne peuvent ni changer de place ni tourner la tête, et ne voient que ce qu’ils ont en face. La lumière leur vient d’un feu allumé à une certaine distance en haut derrière eux. Entre ce feu et les captifs s’élève un chemin, le long duquel imagine un petit mur semblable à ces cloisons que les charlatans mettent entre eux et les spectateurs, et au-dessus desquelles apparaissent les merveilles qu’ils montrent.
GLAUCON. Je vois cela.
SOCRATE. Figure-toi encore qu’il passe, le long de ce mur, des hommes portant des objets de toute sorte qui paraissent ainsi au-dessus du mur, des figures d’hommes et d’animaux en bois ou en pierre, et de mille formes différentes ; et naturellement parmi ceux qui passent, les uns se parlent entre eux, d’autres ne disent rien.
GLAUCON. Voilà un étrange tableau et d’étranges prisonniers.
SOCRATE. Voilà pourtant ce que nous sommes, Et d’abord, crois-tu que dans cette situation ils verront autre chose d’eux-mêmes et de ceux qui sont à leurs côtés, que les ombres qui vont se retracer, à la lueur du feu, sur le côté de la caverne exposé à leurs regards ?
GLAUCON. Non, puisqu’ils sont forcés de rester toute leur vie la tête immobile.
SOCRATE. Et les objets qui passent derrière eux, de même aussi n’en verront-ils pas seulement l’ombre ?
GLAUCON. Sans contredit.
SOCRATE. Or, s’ils pouvaient converser ensemble, ne croit-tu pas qu’ils s’aviseraient de désigner comme les choses mêmes les ombres qu’ils voient passer ?
GLAUCON. Nécessairement.
SOCRATE. Et, si la prison avait un écho, toutes les fois qu’un des passants viendrait à parler, ne s’imagineraient-ils pas entendre parler l’ombre même qui passe sous leurs yeux ?
GLAUCON. Oui.
SOCRATE. Enfin, ces captifs n’attribueront absolument de réalité qu’aux ombres.
GLAUCON. Cela est inévitable.
''
A l’issue de la période électorale intense que nous avons vécue dans l’agglomération, aussi bien pour les scrutins présidentiels que législatifs, il est bon de méditer cette allégorie de la CAVERNE, voire de la transposer, au risque d’en pervertir le sens… mais d’en tirer bénéfice.
Bonnes vacances !