La droite dénonce « un confort de gestion » et le « cynisme de la majorité »

Pour la droite aussi, le vote du budget sera l'occasion d'attaquer. D'abord pour dénoncer, dit-elle, « le cynisme de la majorité de Destot qui ose se vanter qu'elle n'augmentera pas les impôts cette année. Encore .heureux, après les hausses de l'an passé! ». Mais aussi pour fustiger ce qu'elle appelle désormais, avec une toute nouvelle expression, « un confort de gestion ».

«Le luxe déployé pour certaines manifestations ... »

Matthieu Chamussy explique: « Nous avons fait quelques calculs qui montrent que la gestion de l'équipe Destot va en se dégradant. Entre le début de son 2e mandat et ce budget prévisionnel, on s'aperçoit que les lignes Fêtes et cérémonies, Voyages et déplacements, Frais de colloques et Publications sont passées de 925 000 à 2 560 000 euros. Ce différentiel entre 2002 et aujourd'hui ne peut pas se justifier. C'est juste du confort. Du confort aux frais du contribuable». Nathalie Béranger renchérit en déclarant « avoir plusieurs fois été choquée par le luxe déployé pour certaines manifestations. Pour la moindre inauguration de logements sociaux, on sort le champagne ».

De son côté Bernadette Cadoux entend dénoncer « toutes les publications qui accompagnent les grands projets grenoblois et qui atterrissent inexorablement dans la boîte aux lettres des Grenoblois. Sous couvert d'information et de pseudo concertation, la majorité inonde en fait la population de propagande». Un argumentaire qu'Henri Baile ne manque pas d'appuyer en lançant: « Et c'est d'autant plus inadmissible que cette paperasse cache bien souvent des vides. C'est bien connu: la communication veut souvent masquer l'inaction».

Mais ce n'est pas tout, la droite revient aussi sur son attaque leitmotiv: les frais de personnel et la « sur-représentation de la catégorie A dans les services municipaux». Pour elle, « trop d'encadrement tue le dynamisme et le véritable service public». M. Chamussy va même plus loin : « On condamne cette politique qui s'accompagne de charges lourdes. S'il y avait moins de penseurs rémunérés dans la grande tour de la mairie, il y aurait plus d'agents réellement dévoués aux services à la population». Et M. Baile de conclure: « On devrait aussi s'attaquer aux doublons entre certains services de la Ville et ceux de la Métro: il y a par exemple deux services économie. Impossible de nous faire croire qu'ils sont tous les deux utiles à la population puisqu'ils sont censés faire la même chose ... » Autant de remarques qui semblent annoncer un conseil municipal peut-être un plus agité que d'ordinaire.

Èv.M

ET L'ON REPARLE DE LA DETTE DE LA VILLE… Il y a peu de temps, dans nos colonnes, l'ancien maire de Grenoble Alain Carignon critiquait « la dégradation de la dette de Grenoble ». Un argument que brandit aujourd'hui à son tour l'opposition de droite municipale: «II faut d'abord admettre que cette dette est historiquement, et donc depuis très longtemps, élevée. Reste toutefois que contrairement à ce que dit le maire, elle ne s'est pas arrangée sous ses mandats successifs. Au contraire, depuis 1999, elle s'est même aggravée de près de 30 % en euros courants, soit une fois et demi plus vite que l'inflation. La responsabilité de Destot est donc clairement engagée. Et tout ça, c'est sans compter la dette de la Métro qui est énorme ».

Article du "Dauphiné Libéré" du 14 décembre 2009