Déni de démocratie...

Les Grenoblois connaissent la propension de « l’équipe municipale » à gouverner de manière solitaire, à confisquer la démocratie en fuyant les consultations et à phagocyter le débat en refusant de rencontrer les porteurs de projets alternatifs pour Grenoble.

Les «États Généraux des quartiers » organisés par SOS Racisme Grenoble/Isère, le samedi 22 avril 2006 à Alpes Congrès, ont permis de mettre en évidence ce déni de démocratie. Invités par SOS Racisme – au même titre que le PC, le PS, les Verts et l’UDF – des intervenants de l’UMP avaient répondu favorablement à l’invitation républicaine de cette association qui lutte contre les discriminations, pour contribuer au débat et prendre part à la discussion avec les jeunes des quartiers.

Mais c’était sans compter sur l’intolérance de la Mairie de Grenoble, qui s’est offusquée de ma présence à la tribune, et a conditionné sa participation – et son subventionnement de la manifestation – à un retrait de l’invitation aux responsables de l’UMP.

Conscient des risques pesant sur le bon déroulement de cette journée, et soucieux de ne pas porter préjudice au travail considérable des bénévoles de SOS-Racisme, j’ai jugé raisonnable, devant les menaces, de ne pas prendre part à la manifestation, alors que je devais intervenir en qualité de Conseiller National et Secrétaire Départemental Adjoint de l’UMP, à la table ronde « citoyenneté, civisme, sécurité ». Un départ annoncé des représentants de la Municipalité, en cas de participation de ma part aux débats, aurait effectivement trahi l’esprit initial des « États Généraux des quartiers » et risqué de priver les organisateurs d’aide financière, ce que je n’ai pas souhaité. Les premières victimes d’un échec de cette initiative citoyenne n’auraient pu être que les quartiers en difficulté et leurs habitants en quête de dialogue, ce qui n’était pas tolérable.

J’avais déjà eu l’occasion de découvrir la face cachée de la « gauche plurielle » conduite par Michel DESTOT…

En janvier 2004, une visite commentée, à titre payant, des collections du Musée de Grenoble, m’avait été accordée par le Conservateur afin que l’association GAAP invite ses adhérents à célébrer le 10e anniversaire de l’inauguration de cet équipement culturel, pour lequel j’avais beaucoup œuvré, en son temps, à titre professionnel. 24 heures plus tard, le contrat de visite était retiré avec insolence, par le Directeur de Cabinet de Monsieur le Maire…

Aujourd’hui, une nouvelle étape est franchie, dès lors que la Municipalité s’ingère délibérément dans l’organisation d’événements associatifs et use du pouvoir de ses subventions comme moyen de pression. Nous devons dénoncer cette attitude sectaire et antidémocratique de la Municipalité de Grenoble.

Elle contribue, par un tel comportement, à priver les citoyens du débat auquel ils aspirent, abuse de ses prérogatives et prend en otage une partie du tissu associatif de la ville. J’observe que si l’on peut parfois séduire avec des mots, on se révèle toujours par ses actes…

Je tiens cependant à remercier les responsables de SOS-Racisme pour leur fidélité à l’esprit républicain et les assure – ainsi que les autres associations victimes de cette attitude intolérable – de mon soutien dans leur lutte pour leur indépendance vis-à-vis du pouvoir politique.

Henri BAILE
Mairie de Saint-Ismier
Seul le prononcé fait foi

Autres Lettres

Henri BAILE maire de saint-ismier