Entre démagogie et fausses promesses

En mars 2008, Michel DESTOT, candidat aux élections municipales, au côté de Geneviève FIORASO, s’engage à ne pas augmenter les impôts locaux. Il déclare vouloir « agir pour le pouvoir d’achat »…

Maire de Grenoble, le lundi 17 novembre de cette même année 2008, il ouvre le conseil municipal et le débat préparatoire au vote du budget de notre ville, en ces termes :

« Le budget 2009 de la ville de Grenoble sera plus prévisionnel que jamais, parce que personne, aujourd’hui, n’est capable de mesurer l’impact de la crise en matière économique et sociale… ce sera un budget de solidarité, parce que je ne veux pas réduire la voilure au niveau des services rendus aux habitants, ni réduire le personnel communal en le précipitant vers le chômage… » Et il propose une augmentation de 9 % des taux, soit 11 millions d’euros supplémentaires d’impôt ! Son premier Adjoint argumente en évoquant les conséquences de la décentralisation et les désengagements financiers de l’État…

Or, la décentralisation, ce n’est pas le recul de l’action publique, pas plus que l’augmentation des impôts locaux.

C’est un cadre juridique qui revêt un caractère constitutionnel et organique. Il offre aux collectivités locales les moyens d’un exercice autonome de leurs compétences sur leur territoire. Il leur donne l’initiative, reconnaît la légitimité politique des élus régionaux, départementaux, communaux et communautaires… donc à Michel DESTOT, Geneviève FIORASO ou Didier MIGAUD, à chacun dans l’exercice de son mandat.

Il convient de rétablir la vérité, ne pas laisser les messages déformants se propager dans les esprits, ne pas se laisser abuser par des graphiques en couleur.

Un an après les élections régionales, les élus socialistes avaient déjà justifié la hausse de la fiscalité en accusant l’État de ne pas avoir assuré les transferts financiers qui s’imposaient… à peine un an après les élections municipales on les découvre entonnant le même refrain à propos de la fiscalité 2009, oubliant leurs engagements.

Pour éviter à Michel DESTOT de trahir ses promesses de campagne, conserver « la qualité des services aux Grenoblois, traverser la crise, préserver le personnel communal », plutôt que d’augmenter les impôts, nous pourrions lui suggérer de :

  • Réduire le train de vie de la commune en matière de réceptions de prestige.
  • Quitter cette passivité face à André VALLINI, président socialiste du Conseil général de l’Isère qui a réformé les aides à l’investissement, sans tenir compte des spécificités inhérentes à la ville centre d’agglomération.
  • Arbitrer les projets portés par ses adjoints afin d’éviter les empilements, la perte d’efficience et la pléthore de cadres dirigeants.
  • Construire une véritable intercommunalité et ne plus laisser doublonner les services administratifs… alors que la compétence économique a été transférée à la Métro, le service économie de la ville compte encore près de 40 personnes
  • Ne recruter que des titulaires de la fonction publique a la ville de Grenoble. Ils seront ainsi protégés par leur statut, le Maire ne les « précipitera » pas vers le chômage…

Certes, personne n’est capable, aujourd’hui, de mesurer l’impact exact de la crise en matière économique et sociale… Elle est là, elle crée des inquiétudes. Pendant ce temps, Michel DESTOT augmente les impôts locaux de 11 millions d’euros… c’est sans doute sa manière de préserver le pouvoir d’achat des Grenoblois et de tenir ses promesses ?

Henri BAILE
Mairie de Saint-Ismier
Seul le prononcé fait foi

Autres Lettres

Henri BAILE maire de saint-ismier