La princesse aux pieds nus

Côté cour, les socialistes se déchirent. Côté jardin, ils se rassemblent pour tenter d’expliquer leurs dérives de gestion à la tête des exécutifs locaux par les retraits financiers de l’État…

Dans ce contexte, maire-adjoint à la ville de Grenoble et première vice-présidente de La Métro, depuis que le combat fratricide entre Richard CAZENAVE et Alain CARIGNON lui a offert la première circonscription de l’Isère sur un plateau d’argent, Geneviève FIORASO arpente l’espace médiatique, chaussée de bottes de sept lieues….

Elle masque par cet artifice les financements hypothétiques de grands projets à travers le prisme d’une vision plus virtuelle que prospective… Il suffit pour l’illustrer, d’analyser à la veille du vote des budgets 2009, les perspectives d’évolution financières des deux collectivités embrassées par notre députée. L’esprit des projets est terrassé par des bilans financiers en capilotade qui hypothèquent l’avenir.

Pour la Métro, le prévisionnel 2008 s’est inscrit dans la continuité des budgets précédents : des dépenses de fonctionnement en hausse. Des recettes augmentées de 3,5 % et des dépenses en progression de 5 %. L’essentiel de la ressource de la taxe professionnelle allant au service de la dette, soit 84 % de l’augmentation du produit… et pour la première fois, un montant des intérêts de la dette supérieur à celui du remboursement du capital…

À ce jour, le ratio qui mesure la capacité de désendettement d’une collectivité locale est déjà de 18,4 années pour la Métro… or, les experts financiers estiment qu’au-delà de 10 années, la zone rouge commence !

Pour la ville de Grenoble, l’avenir n’est pas plus radieux. Le maire, Michel DESTOT a évoqué à diverses reprises la probable croissance de l’impôt. Lors du conseil municipal de juillet 2008, il a choisi délibérément d’augmenter la dette…

En octobre de cette même année, lors du vote de la décision modificative budgétaire numéro 2, il a proposé de financer une partie des suppléments de dépenses de fonctionnement par une diminution de l’autofinancement des investissements.

Dans ce contexte, affranchi de toute logorrhée, il devient légitime de s’interroger sur le financement des grands projets :

  • Les exécutifs socialistes vont-ils augmenter les taux d’imposition à la Ville et à la Métro ?
  • Vont-ils augmenter la taxe d’habitation et la taxe foncière des Grenoblois par l’instauration de la fiscalité mixte à la Métro ?
  • Vont-ils voter à la Métro l’augmentation du taux de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères ?
  • Vont-ils différer les investissements en prétextant la crise ?

Lorsque sonneront les douze coups de minuit de l’année 2009, les bottes de sept lieues de la députée Geneviève FIORASO vont-elles se transformer en pantoufles et abandonner sur le bord du chemin médiatique une princesse aux pieds nus, ou verrons-nous exploser la fiscalité de la Ville et de la Métro ?

Henri BAILE
Mairie de Saint-Ismier
Seul le prononcé fait foi

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Henri BAILE maire de saint-ismier