Lettres

La princesse aux pieds nus

écrit le 10/11/2008

Côté cour, les socialistes se déchirent. Côté jardin, ils se rassemblent pour tenter d’expliquer leurs dérives de gestion à la tête des exécutifs locaux par les retraits financiers de l’État…

Dans ce contexte, maire adjoint à la ville de Grenoble et première vice-présidente de La Métro, depuis que le combat fratricide entre Richard CAZENAVE et Alain CARIGNON lui a offert la première circonscription de l´Isère sur un plateau d´argent, Geneviève FIORASO arpente l´espace médiatique, chaussée de bottes de sept lieues….

Elle masque par cet artifice les financements hypothétiques de grands projets à travers le prisme d´une vision plus virtuelle que prospective…
Il suffit pour l’illustrer, d´analyser à la veille du vote des budgets 2009, les perspectives d’évolution financières des deux collectivités embrassées par notre députée. L´esprit des projets est terrassé par des bilans financiers en capilotade qui hypothèquent l´avenir.

Pour la Métro, le prévisionnel 2008 s’est inscrit dans la continuité des budgets précédents : des dépenses de fonctionnement en hausse. Des recettes augmentées de 3,5 % et des dépenses
en progression de 5,0 %. L’essentiel de la ressource de la taxe professionnelle allant au service de la dette, soit 84 % de l’augmentation du produit… et pour la première fois, un montant des intérêts de la dette supérieur à celui du remboursement du capital…

À ce jour, le ratio qui mesure la capacité de désendettement d´une collectivité locale est déjà de 18,4 années pour la Métro… or, les experts financiers estiment qu’au-delà de 10 années, la zone rouge commence !

Pour la ville de Grenoble, l´avenir n´est pas plus radieux. Le maire, Michel DESTOT a évoqué à diverses reprises la probable croissance de l´impôt. Lors du conseil municipal de juillet 2008, il a choisi délibérément d´augmenter la dette…

En octobre de cette même année, lors du vote de la décision modificative budgétaire numéro 2, il a proposé de financer une partie des suppléments de dépenses de fonctionnement par une diminution de l´autofinancement des investissements.

Dans ce contexte, affranchi de toute logorrhée, il devient légitime de s´interroger sur le financement des grands projets :

- Les exécutifs socialistes vont-ils augmenter les taux d´imposition à la Ville et à la Métro ?
- Vont-ils augmenter la taxe d´habitation et la taxe foncière des Grenoblois par l´instauration de la fiscalité mixte à la Métro ?
- Vont-ils voter à la Métro l´augmentation du taux de la taxe d´enlèvement des ordures ménagères ?
- Vont-ils différer les investissements en prétextant la crise ?

Lorsque sonneront les douze coups de minuit de l´année 2009, les bottes de sept lieues de la députée Geneviève FIORASO vont-elles se transformer en pantoufles et abandonner sur le bord du chemin médiatique une princesse aux pieds nus, ou verrons-nous exploser la fiscalité de la Ville et de la Métro ?

Henri BAILE
Conseiller Municipal de Grenoble
Conseiller national UMP

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