L'avenir au quotidien

Il fut un temps où le monde savait que Grenoble est olympique depuis 1968. Il fut un temps où Grenoble caracolait en tête du hit-parade des villes qui bougent, des villes qui comptent et partageait les premières places avec Strasbourg et Montpellier… Il fut un temps où Grenoble se jumelait avec Phœnix en Arizona, avec Suzhou en Chine… Il fut un temps où Grenoble rayonnait, la ville était « bien dans l’Europe, bien dans le monde » …

Aujourd’hui, pour reprendre sa place, Grenoble a besoin de grands défis… Lancé par le Conseil Général de l’Isère, pour une livraison prévue en 2006, le projet Minatec, premier pôle européen des micro et nanotechnologies, qui rassemble sciences, enseignement et industrie dans un lieu unique, est en ce sens un projet prometteur : 200 millions e d’investissement – 45 000 m2 de bâtiments qui, à terme, regrouperont 1 200 chercheurs publics – un millier d’emplois industriels –
120 enseignants chercheurs – 1 000 étudiants. Mais quels que soient les grands projets, pour « accueillir le monde », les Grenoblois ne doivent-ils pas d’abord être « bien dans leur ville » et partager autre chose que des désillusions ?

Un environnement préservé

La destruction du parc Paul Mistral – l’explosion des graffitis sur l’ensemble de la ville – un patrimoine négligé faute d’entretien.

Des déplacements facilités

L’impossibilité à toute heure du jour d’entrer dans Grenoble ou d’en sortir dans des délais raisonnables – la réduction du nombre de places de stationnement agrémentée d’une hausse des prix des parkings – un TGV qui nous échappe.

Un projet culturel ambitieux

La mort programmée, pour ses vingt ans, du festival de théâtre européen – le théâtre du Rio fermé et bientôt vendu – l’abandon inavoué du théâtre municipal – la réduction des subventions aux compagnies de spectacle vivant – la précarité des emplois à l’Espace 600 qui pénalise le projet.

Une démocratie exemplaire

Le peu d’écoute accordée aux associations et aux commerçants – les fausses concertations avec les habitants, les artistes et les créateurs – les divisions profondes de la « majorité » municipale.

Autant d’épreuves de la vie quotidienne qui éloignent les Grenoblois des grands projets, des grands défis. Feindre d’oublier ces réalités, ne pas prendre en compte rapidement ces tourments, ne risquent-ils pas de compromettre l’avenir ?

Henri BAILE
Mairie de Saint-Ismier
Seul le prononcé fait foi

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Henri BAILE maire de saint-ismier