Mouvement de grève aux VFD

La CGT et l’UGICT des VFD ont appelé, à partir du mardi 28 novembre, «à la grève illimitée» pour, disent-ils «lutter contre la casse de leur outil de travail» car ils «redoutent un passage des contrats au privé»…

Le Service Public « à la française » a pour singularité d’être imprévisible, en particulier dans le domaine des transports. Alors même que les usagers scolaires ou salariés sont excédés par les interruptions de travail, et l’économie perturbée par cette menace constante, tous les gouvernements ont renoncé à imposer un vrai service minimum aux syndicats.

Encore une fois, le courage politique n’a pas présidé à l’accord minimaliste passé le 4 juillet dernier, entre le Ministre des transports, les syndicats des transporteurs, quelques syndicats d’usagers et des syndicats de salariés. Il ne s’agit pas d’un accord ni d’un service minimum, il s’agit d’une charte qui n’engageait à rien d’autre qu’à être ratifiée.

Cette charte, qui concerne les transports publics en province, s’inspire des accords pris à la RATP et à la SNCF. Elle ne crée aucune obligation ni garantie de « service minimum » : elle incite seulement à prévoir les perturbations dans les contrats d’exploitation… mais, autre singularité française, une commission a été créée pour gérer l’absence de décision ; elle s’appelle le « comité de suivi de la charte ».

Devant ces leurres sémantiques et à observer ce qui se passe en France et à Grenoble, dans nos services publics, on est en droit de se demander par quelles clés peut-on expliquer la résignation, l’arrogance, la fatuité ou la peur, caractéristiques d’une mentalité qui empêche tout un pays de se mettre en mouvement et en question ?

Nous savons cependant, pour observer le monde dans lequel nous vivons, que dans les domaines de l’éducation, de l’hôpital, de la retraite, des transports, tous les services publics doivent être réadaptés au nouveau contexte… que nous sommes loin des ordonnances de 1945 prises par le Général de Gaulle.

D’autres pays ont réussi cette refonte. Regardez la Suède : le fonctionnement des administrations a été révisé, le statut des fonctionnaires a changé, les agents sont mis en concurrence… pour des résultats qui profitent à tous. Et il s’agit d’un pays social-démocrate… avec lequel nous partageons le score d’une dépense publique rapportée au P.I.B égale à 54%…

Certes, les changements font peur, mais ce qui est grave, c’est que ces peurs sont instrumentalisées par certains dirigeants. Plutôt que d’encourager les citoyens à aller à reculons vers un « nouveau monde » qui s’annonce effrayant, affirmons plutôt que ce « nouveau monde » sera effrayant si nous l’abordons à reculons…

Cette observation trouve à s’appliquer dans les multiples gesticulations politiques entre les trois députés socialistes, têtes des Exécutifs locaux : Michel DESTOT, Maire de Grenoble, Didier MIGAUD, Président de la METRO et André VALLINI, Président du Conseil Général de l’Isère… et dont nous sommes victimes depuis 10 ans à Grenoble et dans son agglomération au sujet du « Projet de tunnel ».

À méditer…

Henri BAILE
Mairie de Saint-Ismier
Seul le prononcé fait foi

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Henri BAILE maire de saint-ismier