Ne pas trahir André Malraux

Une politique culturelle tisse avec la Cité des liens riches, ambivalents, des liens forts, ancrés dans le patrimoine qui nous est commun. Elle engage des paris sur un temps toujours anticipé et décline un héritage réactivé au cours des ans.

C’est ainsi que sont nés à Grenoble : le nouveau musée, le CNAC, le Summum, le festival de théâtre européen, les 38es rugissants, les théâtres dans les quartiers, les nouvelles bibliothèques…

C’est dans cet esprit qu’a été décidée la rénovation et l’extension de la Maison de la Culture, inaugurée par André MALRAUX, devenue Cargo, aujourd’hui rebaptisée MC2:

Il faut regretter que tant de retard dans le calendrier ait conduit les Grenoblois à payer une telle ardoise, que la promesse de l’État de prendre en charge 50 % du coût des travaux ait été perdue par tant d’atermoiements…

Il faut regretter que, pour financer les surcoûts, le maire ait été obligé de faire mourir à vingt ans, dans une ville internationale, « le Festival de Théâtre Européen » que Renata SCANT avait su construire avec intelligence et courage. Il faut regretter que les 62 000 spectateurs et le public fidèle des 25 000 abonnés du théâtre municipal ne soient pas entendus…

Il faut rester vigilant afin que les propos de madame GIROD de L’AIN, élue de la liste Écologie Gauche Citoyenne : « on ne peut plus élaborer des projets importants pour la fin de mandat, l’argent étant déjà engagé » ne deviennent réalité… privant ainsi de revenus financiers, les institutions, les compagnies de spectacle vivant et les artistes, que l’asphyxie ne confine à l’apoplexie… tant il est vrai que « le pire n’est jamais sûr »…

Cependant, il faut se réjouir pour Grenoble et l’Isère de voir enfin la réouverture d’une institution dont nous sommes orphelins depuis bientôt 10 ans…

Il faut se réjouir du rayonnement que ses artistes hébergés sauront donner à notre ville, de la parole vivante qu’ils sauront nous offrir en partage.

Il faut se réjouir des correspondances que cet établissement saura susciter avec les autres lieux ou évènements culturels. Il faut espérer que MC2: devienne un lieu magnétique ouvert à tous, un projet culturel accompli qui nous aideà chasser la crainte de l’autre, non en gommant ce qui nous distingue mais en nous enrichissant de nos histoires individuelles, en confrontant nos espoirs.

Tisser notre avenir passe par l’émotion,celle qui naît de nos échanges, celle qui révèle tant de trésors cachés…

Il faut espérer que, retrouvant son nom de « Maison de la Culture », elle soit à la hauteur de nos espérances et ne trahisse pas André MALRAUX…

Henri BAILE
Mairie de Saint-Ismier
Seul le prononcé fait foi

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Henri BAILE maire de saint-ismier