L'heure est grave

Finie la retraite aux flambeaux. Les feux d’artifice du 14 juillet dans le parc Paul Mistral à peine éteints, un quartier de Grenoble : la Villeneuve, s’embrase.

Un 14 juillet que l’on voudrait garder dans son cœur avec son sens originel de lutte contre l’injustice et les inégalités. Un 14 juillet de fraternité avec ses bals populaires, ses lampions et ses retraites aux flambeaux.

Une fête qui donne une âme à la France et lui fait prendre conscience d’elle-même à travers les devises de sa République : liberté, égalité, fraternité.

Mais ne nous laissons pas abuser par le sens des mots et la valeur des symboles.

Ces 3 mots n’existent pas s’ils ne sont pas précédés du mot sécurité. La sécurité des personnes et des biens est en effet une des conditions nécessaires à l’exercice des libertés individuelles et collectives. Notre déclaration des Droits de l’Homme le rappelle. Tout individu a le droit de pouvoir se déplacer et vivre en toute quiétude, sans craindre pour sa vie ou pour ses biens.

À la Villeneuve, 80 voitures des habitants du quartier ont été incendiées, un tramway caillassé, trois gros véhicules de chantier détruits, deux centres de formation et plusieurs commerces ont été pillés par des «jeunes» nous dit la presse.
On est en droit de s’interroger sur cette usurpation sémantique… les vrais jeunes n’ont rien fait pour mériter ce qualificatif. Arrêtons la langue de bois.

En fait, on se trouve en plein scénario de guerre ou le politiquement correcte protège des agresseurs défiant les valeurs de la démocratie et de la civilisation.

Si l’on accepte de lier le sort d’un gangster s’attaquant au fusil-mitrailleur à une salle de casino remplie de clients, à des revendications sociales ou politiques, si l’on accepte l’usage d’armes à feu contre la police, nous aurons cessé d’être. Nous aurons cessé d’exister en tant que démocratie et société civilisée.

Que signifie un « Grenelle de la Sécurité Urbaine » ou des « Assises de la Sécurité » sinon du verbe et de nouvelles périphrases pour nier la réalité ? Ce qui s’exprime aujourd’hui à la Villeuneuve, c’est le défi qui est lancé aux institutions, à ses juges, à ses partis politiques et à chacun d’entre nous.

Le temps n’est plus à la langue de bois. L’heure est grave pour ceux qui croient encore à la République.

Henri BAILE
Mairie de Saint-Ismier
Seul le prononcé fait foi

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Henri BAILE maire de saint-ismier