Discours des 30 ans de la Bibliothèque

Il m’appartient en votre nom et en mon nom personnel de remercier Jean ROINAT pour cette riche et passionnante redécouverte de l’architecture du Clos Faure et de son parc paysagé. Nous avons fait le choix, en concertation avec les riverains que ce parc puisse accueillir aujourd’hui les rires et la joie des enfants du village sous l’œil affectueux des séniors…

Quel bonheur d’observer ces rencontres de rires et sourires partagés.

Je dois vous confesser, sans malice, que je prie tous les jours la vierge qui habite le fond du parc pour que nul égoïsme ne vienne, un jour, devant un tribunal, les priver de cette rencontre et de cette joie…

Je ne peux parler de notre bibliothèque sans évoquer la mémoire d’Arnaud MIEG. Il aurait été heureux de partager ces instants avec nous et je sais qu’il vous manque, qu’il manque à tous.

Merci à vous Pascale, Claire et Marie-Angèle, vous êtes les vestales d’un trésor précieux. Merci pour la qualité de votre sens du service public, pour votre disponibilité, votre écoute et votre délicieuse gentillesse.

Merci à vous les douze bénévoles de l’Association Bibliothèque de l’Orangerie qui avez wris l’initiative de cet anniversaire : Jocelyne CHANTEGREL, Andrée VIGNON, Cathy OZIL, Colette ADMIRAT, Marinette ROUSSEAU, Michèle LE TARNEC, Colette MARTIN, Berthe ARNAUD, Anne MAUBERGER, Nicole MEHEUX, Marie-France TOUZAIN et Renée MICHEL, membre honoraire.

Comme toutes celles qui vous ont précédées, dont Annick MERCHIE, la première présidente, vous êtes un lien extraordinaire et une précieuse présence. Vous incarnez et illustrez pleinement le sens du partage, de la rencontre et du don de soi qui sous tend l’action politique conduite par Annick BERTHOLD, Françoise VIDEAU, Sandrine IDIER, Christian DULLIN, Jean-Paul MEYER et l’ensemble de la majorité municipale en direction des jeunes et des séniors.

J’insiste sur ces remerciements que j’adresse à chacune et chacun, car je pense sincèrement que dans la période de renaissance que nous traversons, à l’heure ou s’expriment fortement les communautarismes de tous bords, la place de la culture et donc du livre, sous toutes ses formes, est essentielle pour entretenir la lumière contre l’obscurité.

Vous êtes les soldats qui luttent pacifiquement contre ceux qui ne veulent pas voir l’évolution du monde.

Vous faites vivre notre communauté.

Vous nous faites partager un même destin, c’est –à-dire une culture ouverte, rayonnante, à la découverte de l’autre et qui évolue perpétuellement en se nourrissant des écritures du monde.

Fantassins de la rencontre et du partage, vous êtes héritières d’une histoire qui commence en 1973 lorsque le local de la bibliothèque est installé à côté de la poste, place de l’église et où madame FABRE, femme du maire, s’occupe du prêt des livres.

C’est en 1986, il y a donc trente ans, que la bibliothèque associative emménage dans le lieu actuel et devient la bibliothèque de l’Orangerie.
Elle sera municipalisée en 2007.

Le service public du livre et la passion des bibliothécaires m’ont toujours rappelé les pères fondateurs de la troisième République. Ils faisaient le magnifique pari que chacun, d’où qu’il vienne, quel que soit son milieu, son origine, pouvait s’extraire de ses particularités et ainsi prendre part à une histoire commune.

Ils croyaient en l’école et donc à la lecture, aux livres et à l’éducation pour tous.

Depuis, l’école a beaucoup évolué. Elle s’est vue adjoindre un développement extraordinaire des bibliothèques et, ici en Grésivaudan, un réseau de lecture publique dans lequel l’Orangerie prend toute sa place pour partager le livre et l’image avec le plus grand nombre, particulièrement nos enfants.Dans le contexte actuel, en proie aux offensives identitaires, il n’y a rien de plus important que cette rencontre de l’autre à travers un livre.

Peu importe que ce soit un livre de Tahar BEN JELLOUN, de Michel HOUELLEBECQ, de Jean d’ORMESSON, de Jim HARRISSON ou une bande dessinée… Ce qui importe c’est la rencontre de la pensée d’un auteur, la découverte, la réflexion et le dépassement du fait divers qui agite le système médiatique.

Car, quel que soit leur propos, au delà de la connaissance qui relève du rationnel, par la diversité de leurs écrits, ils introduisent la reconnaissance qui est de l’ordre de l’esprit, un sentiment vis-à-vis de soi et vis-à-vis de l’autre.
Ils nous font réaliser que reconnaître, c’est considérer sa propre altérité par rapport à l’autre, prendre conscience que l’on est toujours soi-même l’autre de quelqu’un.

Ils nous révèlent que la reconnaissance donne matière à la diversité culturelle, artistique ou religieuse, qu’elle ouvre l’idée de la rencontre à l’humanité tout entière, notre humanité.

Plus que jamais, dans un monde en perte de repère, face à une opinion publique déboussolée par les impostures des uns et l’errance des autres, face à la confusion des enjeux, la lecture des auteurs du monde et la réappropriation de l’ambition des pères fondateurs de la troisième République devraient nous faire comprendre que, contrairement à ce que veulent nous faire croire, dans une surenchère verbale, des « marchands de cravates », l’identité nationale n’est pas la somme de nos identités originelles, ou leur juxtaposition, mais qu’elle les transcende.

Voilà pourquoi je veux encore remercier Françoise VIDEAU, Christian DULLIN, Annick BERTHOLD qui portent notre politique culturelle et éducative et vous toutes mesdames, bibliothécaires et bénévoles de l’association de la bibliothèque de l’orangerie car, à travers votre engagement au service du livre et de l’esprit, au côté des élus, c’est de liberté dont il est question, celle de savoir, de comprendre et de pouvoir dire NON.

Merci mille fois pour votre présence professionnelle et militante et bon anniversaire à la bibliothèque de l’Orangerie !

Henri BAILE
Mairie de Saint-Ismier
Seul le prononcé fait foi

Henri BAILE maire de saint-ismier